Ecologie & Consommation

Tout impact écologique se mesure à l’utilisation des ressources et des biens dont on dispose. Or, pour disposer de ces biens, nous consommons. Que ce soit pour obtenir la matière première afin de créer le résultat voulu, ou en achetant directement le produit.

Depuis des décennies, on veut nous faire croire que la possession (et donc la consommation) engendre le bonheur. La publicité est d’ailleurs très habile à ce sujet. Qui n’a jamais eu envie de tel ou tel produit après avoir entendu ou vu son éloge pendant quelques secondes ? (Miam le Magnum en plein été, quand la publicité passe à 16h00.. « Tiens, mais c’est pas l’heure du goûter, dis ? »). Cependant, on ne fait que rarement le lien entre consommation et écologie. Il est pourtant loin d’être ténu.

Lien Consommation - Ecologie

Jetons un œil dans la vie du produit, mettons… un rasoir jetable. Tout commence à la création, nous aurons donc besoin de plastique pour créer le manche, de métal pour les lames, de produit cosmétique (les fameux « coussinets protecteurs »). C’est donc ici que débute le cycle de vie du produit, et donc son impact écologique. Il faut en effet prendre en compte le moulage du plastique, la découpe du métal, la préparation du produit cosmétique... et donc l’eau et les énergies qui seront utilisées pour ce faire.

Une fois le produit créé, il faut l’emballer. A nouveau du plastique, donc, prenons également en compte l’eau, l’énergie électrique pour faire fonctionner la machine et la chaîne de production de l’emballage. Puis un carton, pour emballer les 30000 rasoirs afin de les livrer.

On évoque l’acheminement ? Avion, bateau, train, camion... impact encore, vous me suivez toujours ?

Puis, notre petit rasoir tout beau tout propre se retrouver dans le rayonnage de notre Super U habituel, où nous l’achetons… Pour le déballer, jeter son emballage, s’en servir une fois, et le jeter.

Double Impact de l’emballage plastique (recyclable ?) et du rasoir en lui-même. Une fois ceux-ci repartis dans nos déchets, reste à prendre en compte l’impact du traitement de nos déchets (camions, incinérateurs…).

Une sacrée vie pour un si petit objet, si vite entré et aussi rapidement sorti de notre maison, n’est-ce pas ?

Une dichotomie écologique ?

Malgré cette tendance à l’extrême consommation, on note une dichotomie relative à l’écologie. D’un côté une méfiance, issue de l’utilisation politisée et parfois extrémiste du terme, et d’autre part, une envie de participer en se laissant tenter par le « Marketing vert » des entreprises.

Il apparaît que la plupart de nos concitoyens sont bien conscients qu’il est urgent de « faire quelque chose ». Leur méfiance tient entre autres dans l’utilisation parfois peu amène et parfois trop léger que subit le sujet par les politiques & les médias, mais aussi par les tarifs pratiqués par ces marques réputées « écologiques », qui se sont fait une place très tôt sur le marché, mais qui pratiquent des prix doublement voire triplement supérieurs à ceux des produits conventionnels

La conscience du besoin d’agir se fait sentir, au-delà des méfiances, mais on est souvent mal informés, mal orientés. C’est ici que se glissent souvent les entreprises et leur greenwashing. Dans un rayon, vous choisissez disons des tablettes pour votre lave-vaisselle. Vous décidez de choisir un produit respectueux de l’environnement. Que va retenir vos yeux dans un premier temps, devant la myriade d’emballages colorés ? Le vert, n’est-ce pas ? Ou toute référence relative à la nature, un logo avec un arbre, un emballage fleuri… C’est toute la subtilité du greenwashing : faire croire à l’acheteur qu’il achète naturel, biologique ou sain pour l’environnement, grâce à un packaging réfléchi et abouti.

Les prix abusifs et le greenwashing arrivent souvent à bout des premiers élans vers une consommation plus verte. Pourtant, il est simple, parfois même enfantin, de mettre en place des gestes simples, pour faire sa part, toute minime qu’elle soit. C’est une réflexion à changer, une autre manière de penser les produits, et surtout, c’est prendre conscience du cycle de vie des produits. Prendre conscience de ce qu’on achète, de pourquoi on l’achète, se demander si c’est réellement utile.