Alimentation – Consommer moins pour manger mieux

Le sujet de l'alimentation est depuis quelques années devenu une préoccupation sociale. Des questions se posent, des études se mettent en place, des solutions sont vendues données comme gages de réussite, afin d'avoir un corps plus sain, et de se prémunir des maladies, des troubles divers et variés...
Pourtant, on a jamais si mal mangé. On a jamais eu non plus autant profusion de choix dans notre alimentation. On a des tomates en hiver, et même le choix entre douze fast-food différents quand on décide de se "faire plaisir". Il faut considérer bien sûr le côté santé ("healthy" pour les adeptes) de notre alimentation. Bien sûr, on mange pour nourrir notre corps, le garder en bonne santé, se faire plaisir aussi... Mais cette alimentation a une autre facette. Un autre impact, volontairement tu par les intéressés. L'impact sur notre planète. Impact qui représente pourtant 27% des émissions de gaz à effet de serre, juste devant les transports !

Chaque achat a un impact. Pour mesurer l'impact d'un produit, il faut prendre en compte une foule d'éléments qu'on aurait vite tendance à oublier à première vue. Prenons un produit brut, non transformé.. Une pomme. L'impact écologique commence bien avant la pomme, avec le pommier. Les produits engrais et autres pesticides (même si vous
la choisissez biologique, oui, oui), l'arrosage, jusqu'aux déplacements de l'arboriculteur jusqu'à son verger. Une fois la pomme bel et bien mûre (ou presque...), les déplacements des cueilleurs, le transport des pommes jusqu'à la coopérative, puis le transport jusqu'aux distributeurs finaux, et la voilà en rayon, prête à être dégustée. On a un sacré nombre d'impacts, pas toujours énormes, mais qui ajoutent au total, petit à petit. Et on parle ici d'un produit brut !
Il est impossible de consommer sans aucun impact, mais ne visons pas la perfection. Chaque petit geste de chacun permettra déjà une belle avancée au bout du chemin.

Pomme

Une alimentation écologiquement responsable

Comment s'alimenter en respectant notre planète et ses ressources alors ? Il y a pléthore de moyens pour y parvenir,
et surtout aucun impératif à tous les mettre en place si l'on y est pas près. On peut commencer par consommer des fruits
et légumes locaux, et donc de saison, si possible issus de l'agriculture biologique.

Locaux pourquoi ? Parce qu'on limite le transport, et que si ça pousse dans le coin, c'est que ce sont des légumes de saison. Exit donc la salade grecque en hiver, on retrouve avec ce fonctionnement le plaisuir de la saisonnalité, et surtout du goût ! Parce-que les tomates du jardin, si elle sont si bonnes l'été, c'est pas uniquement parce-que vous y avez mis tout votre coeur. C'est aussi (et surtout) parce-qu'elles ont poussé à la bonne saison, de manière naturelle, et que vous les avez cueillies une fois qu'elle étaient mûres !

Pour consommer local, en dehors de l'été (ou si on est motivés et qu'on en a la possibilité, on peut faire son potager), on a plein de choix ! Les magasins bio proposent pas mal de fruits et légumes locaux (c'est toujours précisé sur les étiquettes), et même les supermarchés (parce-que petit écolo n'est pas forcément bio au départ) proposent de plus en plus de produits locaux, et le mettent bien sûr le plus en avant possible ! Tout de même, ça fait vendre ! On a aussi les marchés (allez, le week-end, un p'tit tour le matin au marché, c'est toujours agréable, plein d'odeurs et de saveurs), et ça permet de rencontrer les petits producteurs, qui sans forcément avoir les labels bio, ont une production réfléchie et respectueuse de l'environnement.

Au delà des surfaces de vente, on peut s'inscrire dans une AMAP. Quéssecé ? Une Association pour le Maintien de l'Agri-culture Paysanne. Le but est de créer du lien entre les producteurs et nous. C'est un engagement sous forme de cotisation, en général à l'année, qui permet au producteur de percevoir une rémunération par avance et à nous de recevoir un panier de légumes de saison au rythme choisi. On s'engage, entre autre par notre participation financière, à donner un peu de son temps pour oeuvrer à distribuer les paniers (par exemple). Outre le but ultime qui est d'y acheter ses légumes, on s'entre-aide, on est solidaires pour que le système puisse être profitable à chacun. Si vous êtes intéressés par le fonctionnement, je vous invite à vous rendre ici, pour trouver l'AMAP la plus proche de chez vous !

AMAP

Oublier les transformés !

Pour avancer dans une démarche plus respectueuse de l'environnement (et aussi de sa santé, mais on y reviendra), on peut aussi choisir de se passer au maximum de produits transformés. Ca passe par le "faire soi-même", pour l'ensemble des plats élaborés type hachis parmentier où autres cassoulets. Que de bonnes raisons à ça : 1/ C'est meilleur. VRAIMENT meilleur. 2/ Ça contient beaucoup moins (voire pas du tout) d'additifs, conservateurs, sel, sucre, colorant(s) 3/ Le fait de préparer soi-même met en appétit, et prépare le corps à recevoir la nourriture qu'on lui apporte.

On peut aussi penser à simplifier notre alimentation, en usant plus de produits bruts, en revoyant fondamentalement notre manière de cuisiner. Ça ne se fait pas en un jour, mais ça permet aussi de découvrir de nouvelles saveurs, de prendre le temps de faire sa pâte à gâteau par exemple, quitte à en faire moins souvent.Les produits transformés, outre l'impact des chaînes de productions, sont souvent suremballés. Comme pour l'exemple du rasoir (ici), on achète un emballage qui à peine entré chez nous va directement au recyclage (ou à la poubelle quand ça ne l'est pas) ! De plus, d'un point de vue santé (non négligeable), ils sont conçus avec des ingrédients bruts de qualité moindre, en vue du meilleur positionnement de prix possible.

N'oubliez pas que les produits que vous voyez en spot TV ou en publicité 4 par 3 sont des produits issus de l'industrie agro
alimentaire, qui ne sont ni sains, ni réellement bons. Aucun petit producteur, aucun artisan ne pourrait se payer une
publicité télévisuelle de plusieurs milliers d'euros. Finalement, on pourrait clairement partir du principe que dans l'idéal, il ne faudrait consommer aucun produit "vu à latélé". A partir de là, si on ôte (où qu'on réduit) doucement ces produits industriels au profit de produits bruts... le budget de notre panier de courses et notre conscience écologique ne sont-ils pas un peu plus légers ?

Et ce n'est qu'un début...