Consommation – La question du pourquoi

A moins de vivre dans la campagne profonde du Larzac et de ne jamais approcher la civilisation, nous sommes sans cesse matraqués par de la publicité. Des « pousse-à-l-achat » qui nous font bien souvent tomber dans leurs bras.Parce qu’une fois que le cerveau a vu, et aimé tel objet… Il réussit souvent à trouver une raison de l’acheter [« mieux vaut en avoir un deuxième si le premier casse »,  « il fallait le remplacer de toute façon le mien est usé », « ça n’allait plus avec la nouvelle décoration de la salle de bains », « le chien/le chat/le bébé l’avait mordillé »…]. Il n’est pas difficile de trouver une raison d’acheter. A l’inverse, c’est parfois réellement ardu de lutter contre l’envie d’acquérir un objet de décoration, un vêtement, ou même un paquet de gâteaux…

Tiens, de la pub !

Il est démontré que nous sommes exposés à plusieurs milliers de publicités par jour : radio, tv, internet, mail, boîte aux lettres, appels téléphoniques, sms, véhicules publicitaires, … Nous en sommes assaillis ! Rien de plus normal qu’à un moment nous soyons obligés tentés de consommer ! Les industriels sont d’ailleurs de plus en plus fins à ce petit jeu : odeurs alléchantes diffusées dans les supermarchés, publicité radio pour des marques alimentaires peu avant le déjeuner, spot tv pour de célèbres crèmes glacées le soir. Et les remises pleuvent ! Question habillement/électroménager/ameublement, les deux périodes annuelles de soldes se sont transformées en des « ventes privées » toutes les six semaines ! Il y a toujours une bonne raison de payer moins cher : oui mais le pull là, il est super bien soldé, et la jupe, et la besace, et les baskets…  [« Tiennnnnns, mon banquier n’a pas soldé mes agios par contre… »]

Pubs

Pourquoi je veux ?

La question du pourquoi est donc primordiale dans le processus d’achat. Exemple : « Tiens, je me prendrais bien cette veste en jean ». La plupart du temps on s’arrête là (bon, on essaie ladite veste, parfois) et hop, on passe à la caisse. STOOOOP ! On se pose un instant ? On se demande pourquoi on a envie de l’acheter. Le but n’est pas d’ôter le plaisir de l’achat, le plaisir de « se faire plaisir ». Le but est d’acheter en pleine conscience. En étant sûr que cette veste, on a vraiment envie de l’avoir dans notre penderie, qu’elle va être portée, reportée, et peut-être même abîmée, réparée, reportée, et donnée par la suite car on en aura pris soin et qu’elle sera encore en très bon état.

Outre la question financière, qui nous limite (ah non ? pas vous?!? ah …Je suis ouverte aux dons alors ! #toiaussifaittapub) dans notre frénésie d’achats, il faut aussi penser au besoin réel ("vaix-je ressentir un manque", "ou est-ce que je le ressens déjà ?"), se demander éventuellement si on ne peut pas le faire soi-même (devant un paquet de cookies par exemple), et se questionner si, à long terme, l’envie sera toujours présente (effet de mode).

Cela peut paraître rébarbatif et rabat-joie, puisque depuis des années, la consommation est présentée comme un plaisir, qu’on se fait après avoir « bien bossé », grâce à ce bel atout qu'est Le POUVOIR D’ACHAT.

Bois

Changeons...

Et si on repensait notre manière d’y réfléchir. Et s’il était plus gratifiant/humain/plaisant/jouissif de faire soi-même, d’acheter moins, de fabriquer plus ? Hmm ? Quoi ? Ça prend du temps ? Alors… peut être que si on remplace le temps passé à flâner dans les galeries commerciales (qui nous bombardent plus que jamais de publicités en tout genre) et qu’on en profite pour faire soi-même, peut-être qu’on s’y retrouverait en termes de temps non ?

Des pistes pour acheter mieux (et moins) ?

Le besoin réel :

  • J’en ai déjà un en état ou réparable ? (Si la réponse est oui, on oublie l’achat)
  • Je vais l’utiliser régulièrement ? (Si non, on pense à la location)
  • Je vais me sentir satisfait après l’achat ? (Si non, on oublie tout de suite)
  • Je vais me sentir satisfait une semaine/un mois/un an après l’achat (un peu de projection hop, hop, hop, à Si non, on zappe)
  • … à vous !

Le faire soi-même :

  • Puis-je le réaliser moi-même ?
  • Pour un coût décent ? (Parfois malheureusement, faire soi-même peut coûter bien plus que d’acheter déjà fait…mais ce n’est qu’une toute petite minorité des cas, heureusement !)
  • Sans me mettre en danger ? (à une lampe : éventuellement, toute l’électricité de ma maison si je suis maître-nageur : bof)
  • Puis-je me faire aider pour le réaliser à moindres coûts et y participer quand même ?
  • … à vous !

Le long terme :

  • Il me sera encore utile/plaira encore dans un mois/deux ans/huit ans ?
  • Paraît-il assez solide et bien construit pour tenir dans la durée ?
  • … à vous !
Solidarité

On passe à la caisse ?

Si vous souhaitez finalement acheter cet objet dont vous avez envie/besoin, pourriez-vous l’acheter d’occasion ? Leboncoin pour tout et rien, Emmaüs pour sensiblement tout et rien aussi, les friperies ou des sites internet de seconde main pour vos vêtements, il y a foule de choix ! On peut même trouver des dons, ici.

La perceuse que vous pensiez acheter pour fixer votre miroir de salle de bains. Pourriez-vous la louer ? Au magasin ? Ou à un particulier ? Vos voisins en ont peut-être même une à vous prêter gentiment. On peut aussi utiliser le site AlloVoisins.com, qui permet de poster des annonces auxquelles nos voisins géolocalisés pourront répondre s’ils le souhaitent.

 

Vous possédez un pouvoir d’achat. Et aussi un pouvoir de décision. (Re)Devenez conscients.